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Les peintres oubliés du pays bigouden ressuscitent

Source : Maison MArie Henry - Le 21 Janvier 2009

Deux ouvrages viennent de paraître. Ils rassemblent les toiles de Géo-Fourrier et Doigneau, deux artistes régionaux oubliés. Il se qualifie volontiers « de catalyseur ». Sa méthode : rappeler aux éditeurs les artistes oubliés du pays bigouden.

Lui, c'est Bernard Le Floc'h. Natif de Penmarch, il est membre de l'Institut culturel de Bretagne, basé à Vannes. Passionné d'art, cet autodidacte traque les archives et les témoignages sur les artistes bretons méconnus.

Méthodique, il rédige toujours sur chacun des fiches d'information, qu'il met ensuite à la disposition des historiens et curieux.

Géo-Fourrier, Lyonnaisdevenu bigouden

Mais Bernard Le Floc'h ne se contente pas d'attendre, il « suscite ». En travaillant ainsi sur la fiche de Georges Géo-Fourrier, il découvre que le musée départemental breton de Quimper abrite 14 gouaches de l'artiste. Elles sont cachées des yeux du public, car trop fragiles pour l'exposition.

Depuis 1926, ces tableaux attendaient d'être édités. Pas question pour Bernard Le Floc'h de les laisser 80 ans de plus dans les oubliettes. Il prend alors contact avec les héritiers, va voir les éditeurs. À eux de faire le reste. Résultat : l'ouvrage est sorti aux éditions Asia fin 2008.

« J'ai connu Géo-Fourrier quand j'étais enfant. C'était un homme bizarre, assez laid, marginal. Il a fini par vivre dans une sorte de roulotte et par vendre des cartes postales ».

L'artiste, lyonnais d'origine, débarqua dans le pays bigouden en 1925. Les Bigoudens, il les a peints avec des visages laids, tordus, qui ne plaisaient pas aux locaux.

« Faites-moi du beau », lui aurait dit son éditeur Jean-René Cornet. Mais Géo-Fourrier, sûr de son esthétique, ne changea rien. Il faudra attendre les expositions de Pont-Aven, puis de Pont-l'Abbé en 2003 pour que son oeuvre sorte de l'ombre.

Édouard Doigneau,peintre du littoral breton

Bernard Le Floc'h suscite, de la même manière, la redécouverte d'Édouard Doigneau, « injustement oublié » selon lui.

Polytechnicien, militaire, il quitta l'armée en 1900 et se consacra à la peinture et à l'aquarelle. De Quimperlé à l'Île-aux-Moines, Édouard Doigneau est le peintre du littoral breton. « Il a peint une Bretagne heureuse. Il y a dans ses toiles l'harmonie et l'insouciance de l'enfance. »

 

source Ouest France édition du mercredi 21 janvier 2009